Le temps a ses nervures

18/03/2020

Covid 19 - Début du confinement

Le temps a ses nervures. En ces heures, l'une d'entre elles se fige, et les feuilles que nous sommes se confinent, dissimulant notre vie au regard de l'ennemi, qui rode et qui épie toute vie humaine pour la contaminer.

Service d'intervention d'urgence médicale en Israël

Alors, je pense à nos amis de France, qui ont à affronter la menace, en termes, semble-t-il, plus inquiétants chez eux que chez nous. Je pense à nous tous, et aussi à toi, Israël, peuple né d'une lutte incessante pour la survie, voué à honorer une fois de plus la grandeur de ton destin.

A nous tous, venant d'un passé qui nous a enseigné la vie à travers les fentes de l'Histoire, je forme le vœu confiant qu'Elle nous sera favorable à mesure de l'unité qui nous scellera. Souvenons-nous.

La première fente vint d'une mer qui s'ouvrit pour une traversée qui nous fit rencontrer la mort de si près, que nul n'aurait prédit qu'elle pût nous offrir la terre et le miel. Puis, notre peuple a traversé tant d'autres fentes, si fines qu'il fallut parfois que la matière devienne onde pour nous permettre de passer. Puis virent les fentes du plancher de bois par lesquelles nous vîmes les traverses du chemin de fer, qui nous amenèrent à celles des châlits où s'infiltraient le froid, la peur et la détresse.

La fente d'aujourd'hui vient du bas de nos portes que nous devons laisser closes, par laquelle le parfum de notre pays vient quand-même jusqu'à nous. Il nous dit que l'un est comptable du souffle de l'autre, et que l'effort donné est une vie sauvée.

Je souhaite transformer en présage la beauté de notre vœu, qui n'en sera que plus beau, lorsque la fente fera l'embrasure, lorsque l'embrasure fera l'ouverture, et lorsque cette dernière nous montrera une lumière plus belle demain qu'hier.

Pour tout l'amour pour la France, pour le monde, et pour Israël.