On se concentre sur la mesure en cours ?

04/12/2017

Beaucoup d'élèves affrontent la même problématique : Pendant l'exécution, sur quelle zone de la partition les yeux doivent-ils se porter ? Sur la mesure en cours ? Egalement sur la mesure qui vient ? Quelle méthode utiliser ?

La problématique est rigoureusement la même que celle que nous affrontons lorsque nous lisons un texte à haute voix. Pour pouvoir atteindre une lecture fluide, nous sommes amenés à poser les yeux sur les quelques mots que nous sommes en train de dire, mais nous devons aussi jeter un œil sur les mots qui suivent, de telle manière à s'y préparer, faute de quoi, la lecture et la diction perdraient de leur qualité.

La question qui se pose est donc : « A quel endroit de la mesure, doit-on commencer à jeter un œil sur ce qui suit ? ». Bien sûr, le paramètre fondamental est la vélocité requise pour le morceau en question. Plus la vélocité est grande, plus il se préparer à l'avance.

Je propose à mes élèves de suivre la règle suivante, valable presque pour tous les cas : Je les amène à commencer à jeter un œil sur la mesure d'après, lorsqu'ils sont au milieu de la mesure en cours d'exécution. Bien sûr, cela nécessite de l'expérience, et il est fréquent d'avoir des difficultés à pouvoir tout gérer en même temps, l'exécution de la mesure en cours, et la lecture de la mesure qui suit. Mais dans bien des cas, c'est tout à fait accessible.

Prenons un exemple : 

Nous avons ici les premières mesures de la Marche Turque de Mozart. Bien souvent, l'ensemble est connu par cœur et ne nécessite donc pas une lecture note à note. Pour autant, il est bon de suivre la partition, surtout lors de son déchiffrage.

Dans le cas présent, il s'agit de double-croches jouées assez rapidement, il faut donc se préparer à jouer bientôt la mesure qui suit. Il est donc conseillé de commencer à jeter un œil sur la mesure d'après, lorsque la lecture atteint la flèche orange. Le pianiste amateur doit en outre repérer les zones répétitives ou semblables. Ici, au sein de cette mesure, le second groupe de notes est rigoureusement identique au premier, il n'est donc nécessaire d'y porter une attention particulière. L'élève doit donc en profiter pour lire la mesure qui suit, dès que possible.

Prenons un deuxième exemple :

Ici, l'élève doit immédiatement identifier que la mesure comporte des notes plus longues, avec une noire pour première note. En outre, les notes sont proches les unes des autres, il n'y a pas de déplacement latéral à exécuter. En somme, la situation est facile à gérer, il est donc possible, même sans grande expérience, de lire la mesure qui suit, dès le premier instant de la mesure en cours. C'est d'autant plus judicieux que la mesure qui suit est plus difficile et demande donc de la préparation.

Ainsi, comme nous le voyons, il est utile de prendre l'habitude de lire la mesure qui suit, lorsque l'on est au milieu de la mesure en cours. Par ailleurs, les motifs techniques présentent souvent des particularités qui facilitent l'opération.